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Bénévolat : 3 questions à un président d'un comité départemental sportif, Luc Chabrol

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Nous regroupons 50 clubs du Nord au Sud du département, même si la plupart se trouvent en métropole toulousaine. Ces clubs proposent des activités aussi variées que l’escalade, la randonnée, l’alpinisme, le ski alpinisme, le canyoning, avec un développement assez important de la pratique de l’escalade en indoor grâce aux jeunes notamment. Au total nous comptons 4650 licenciés, nous sommes le deuxième comité de France après celui du Rhône. En tant que président, mon rôle est d’animer et de créer du lien entre les différents clubs pour maintenir une bonne dynamique. Notre comité territorial est l’interlocuteur privilégié des clubs.  

Nous disposons d’une salariée avec un profil de chef de projet pour développer notre comité. Pour des besoins plus techniques ou pour l’organisation d’un événement, nous faisons appel à des professionnels de l’activité, diplômés d’État ou des salariés de la Ligue régionale, avec des profils bien spécifiques tels que des moniteurs d’escalade ou des guides de haute montagne par exemple. Nous nous appuyons ensuite sur un comité directeur d’une vingtaine de personnes, à parité entre les hommes et les femmes. Le bureau de notre association se compose d’un noyau de 6 personnes (président, trésorier, secrétaire et 3 vice-présidents) qui essaie de répondre au quotidien aux besoins des clubs. Nous sommes tous bénévoles. 

Plus qu’essentiels…Comme partout en France, les structures sportives en France ne vivent que parce qu’il y a des bénévoles. Imaginons que pendant une semaine tous les bénévoles restent chez eux, plus un gymnase ni un stade ne sera ouvert le soir, plus un entraînement, plus d’activités sportives le week-end. Même les grands clubs professionnels s’appuient aujourd’hui sur les bénévoles. La partie professionnelle n’est que la partie visible de l’iceberg. Ces gens donnent de leur temps, s’investissent, parfois même perdent de l’argent, on peut prendre en charge une partie de leur déplacement, ils reçoivent parfois un peu d’équipement sportif, mais finalement, il faut être passionné pour s’impliquer les soirs et les week-ends. 

Je fais attention de ne pas les sursolliciter pour ne pas les dégoûter. C’est un savant équilibre à trouver. Lorsqu’on organise des événements, comme des championnats de France ou des coupes d’Europe sur deux-trois jours, on trouve des bénévoles sans trop de problème du fait du collectif de l’engagement court et de l’ambiance de la compétition. Nous avons plus de difficultés pour des tâches plus ingrates comme du secrétariat, de l’administratif, de la gestion de dossiers de subventions, etc. À savoir que dans des structures comme la nôtre, nous sommes élus pour 4 ans, soit le temps d’une olympiade. Ça fait peur à beaucoup et c’est difficile de monter une équipe. Cela demande du temps et de l’énergie pour convaincre, sur le terrain, dans les clubs, à la recherche de personnes motivées, ayant des idées ou simplement l’envie de s’investir. 

Parfois j’ai plus de monde que nécessaire (22 personnes au lieu de 20), alors je les implique quand même dans les équipes pour qu’ils fassent progressivement leurs armes, car tout le monde n’est pas comptable pour gérer la trésorerie dans un club, tout le monde n’est pas secrétaire général pour le faire également dans un club, tout le monde n’est pas manager, etc. Donc le bénévolat s’apprend. Je veille à ce qu’ils changent de sujet pour sortir de la routine. Ce qui est fondamental, c’est la camaraderie, la convivialité entre nous, partager un bon repas par exemple, c’est ce qui permet de faire du lien, sachant qu’il y a quand même du turn-over. Je veille aussi à aller au plus près du terrain. Si nous organisons généralement notre comité directeur à Balma, où se situe notre siège, je délocalise régulièrement des réunions dans les clubs qui peuvent nous recevoir et je convie les élus du club, et toujours à la fin un temps d’échanges suivi d’une auberge espagnole. Cela me permet de faire de la détection et de rapprocher le comité départemental du terrain, cela introduit de la transparence et de la confiance entre nous.  

C’est toujours intéressant de croiser nos regards et de s’inspirer les uns et les autres, notamment lors d’échanges informels. Car nos problématiques sont les mêmes. 

La Haute-Garonne compte plus de 31 000 associations et plus de 270 000 bénévoles toutes associations confondues. Le sport fait partie des 3 premiers secteurs (avec la culture et les loisirs).

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